Construire des ponts : présentation du Counterpart Support Network
Récemment, j’ai partagé une publication sur Facebook dans laquelle je réfléchissais à ma relation de longue date avec Cuba. J’y parlais du lien profond entre le Canada et le peuple cubain, et je suggérais que le Canada — compte tenu de cette histoire — pourrait envisager comment apporter une contribution significative en cette période difficile.
La réponse a été encourageante. Beaucoup de personnes ont exprimé leur soutien à l’idée que le Canada pourrait jouer un rôle plus compatissant et constructif.
Mais, à côté des commentaires positifs, une question revenait encore et encore :
« Comment pouvons-nous aider ? »
C’est une question simple, mais je me suis rendu compte que je n’avais pas de réponse claire.
Bien sûr, il existe des réponses connues. On peut partager de l’information, faire des dons à des organismes de bienfaisance ou soutenir des initiatives humanitaires internationales. Ce sont toutes des avenues valables. Mais il est aussi compréhensible que plusieurs personnes aient des doutes quant à la transparence. Lorsque l’argent circule à travers des systèmes internationaux complexes — organisations, administration, logistique et réseaux de distribution — il peut être difficile de savoir quelle part atteint réellement les familles qui en ont besoin.
En même temps, lorsqu’on parle de voir les gouvernements « intervenir », une question pratique se pose aussi. L’aide gouvernementale passe par des canaux diplomatiques, des programmes de développement et des agences internationales. Ces systèmes sont importants, mais ils fonctionnent à une échelle qui semble souvent éloignée de la réalité quotidienne des foyers.
Ainsi, alors que les gens demandaient comment aider, je me suis mis à réfléchir à quelque chose de plus petit, de plus direct.
À peu près au même moment, un commentaire sur la publication m’a amené à découvrir des plateformes qui permettent à des personnes à l’extérieur de Cuba d’acheter des produits ou d’envoyer du crédit directement à des familles sur l’île. En découvrant ces systèmes, quelque chose s’est déclenché en moi. Ils montraient qu’il est déjà possible de faire parvenir des ressources directement aux foyers sans dépendre entièrement des structures d’aide traditionnelles.
Mais cela révélait aussi un autre défi. Beaucoup de personnes qui souhaitent aider ne connaissent personne à Cuba. Même si ces outils existent, elles ne sauraient pas nécessairement à qui envoyer du soutien, ni comment le faire d’une manière qui semble à la fois significative et digne de confiance.
Cette idée a changé ma façon de voir les choses. Si les outils existent déjà pour acheminer des ressources de manière directe, peut-être que ce qui manque, c’est une façon claire et fiable de participer — même pour celles et ceux qui n’ont pas de liens personnels sur l’île.
Depuis de nombreuses années, j’ai des amitiés proches à Cuba. Plusieurs de ces relations ont commencé pendant mon passage avec Jeunesse Canada Monde et se sont poursuivies bien après la fin du programme. Ce ne sont pas des liens abstraits avec un pays. Ce sont des personnes que je connais — des personnes qui m’ont ouvert les portes de leur maison, de leur famille et de leur communauté.
Ces relations ont marqué ma vie de façon durable.
En même temps, je suis très conscient de la position que j’occupe. Je vis au Canada. J’ai accès à des infrastructures stables, à des systèmes financiers et à des opportunités que beaucoup de gens ailleurs n’ont pas. Reconnaître cette réalité amène naturellement une question : si j’ai accès à ces systèmes, peuvent-ils servir à créer un petit pont entre ceux qui souhaitent aider et les familles qui pourraient bénéficier de ce soutien ?
C’est cette question qui a donné naissance au Counterpart Support Network.
Le projet est volontairement simple.
Plutôt que de créer une grande organisation ou une structure caritative traditionnelle, le Counterpart Support Network vise à construire un système modeste et transparent, fondé sur des relations réelles. Les gens peuvent contribuer en achetant des produits ou en faisant des dons volontaires, et ces fonds servent à envoyer des ressources directement à des foyers à Cuba par l’intermédiaire de contacts de confiance.
L’objectif est de garder le lien entre celles et ceux qui soutiennent et celles et ceux qui reçoivent aussi court et transparent que possible.
Les personnes qui contribuent savent où va leur soutien. Les personnes qui reçoivent conservent leur autonomie quant à l’utilisation de ces ressources. Dans bien des cas, ce soutien prend la forme d’un pouvoir d’achat flexible plutôt que de colis prédéfinis, permettant à chaque famille de décider ce dont elle a le plus besoin.
Le mot « contrepartie » est au cœur de cette idée.
Il ne s’agit pas d’une charité à sens unique. Il s’agit de relations. Il s’agit de reconnaître que des personnes, à différents endroits dans le monde, peuvent se soutenir mutuellement de manière humaine et réciproque.
Pendant de nombreuses années, mes amis à Cuba ont partagé leur vie avec moi — leur maison, leur culture, leur hospitalité et leur vision du monde. Le Counterpart Support Network est simplement ma façon de tenter de créer un système qui permette à une partie de cette générosité de circuler dans l’autre sens.
Lorsque les gens me demandaient comment ils pouvaient aider, j’ai réalisé que la réponse n’avait pas besoin d’être compliquée.
Parfois, il s’agit simplement de construire un pont là où il n’en existait pas — mais c’est aux autres de décider s’ils souhaitent le traverser.
Dans les prochains jours, je partagerai davantage sur le fonctionnement du projet et sur les façons de participer.